La recherche d’autréenne en histoire

Par Simon Leduc

L’histoire est généralement un sujet qui passionne et stimule l’imaginaire. Cette science qui s’intéresse au passé et aux transformations nous permet de satisfaire une curiosité grandissante par rapport à notre territoire et les gens qui l’habitaient avant nous. L’histoire a d’ailleurs le beau jeu à ce sujet, car elle permet de fouiller le moindre sujet susceptible d’intéresser sans aucune discrimination possible. Qu’on s’intéresse aux églises, aux moulins à scie, à l’agriculture ou même à la généalogie, on finit par s’en remettre à la recherche historique.

Devant un tel constat, il est difficile de ne pas souhaiter une plus vaste production historique, sous forme de livres ou d’articles, dans de D’Autray et dans la région de Lanaudière. Certes, l’ancienne «Grande région de Joliette» demeure assez jeune. Elle est, de plus, souvent associée à ses voisines les Laurentides et la Mauricie. Il n’en demeure pas moins que le chercheur qui désire approfondir ses connaissances sur l’histoire lanaudoise et d’autréenne se trouve devant une soif de références plus nombreuses. Les archives sont pourtant bien présentes et on constate les efforts de plusieurs personnes engagées dans la préservation de notre mémoire régionale. Au cours des prochaines lignes sont proposées deux pistes de réflexion qui s’adressent à tous ceux que l’histoire d’autréenne concerne.

Dans un premier temps, pour qui désire mettre en valeur l’histoire régionale, il importe d’être au fait des sources qui sont disponibles. Tout bon travail en histoire repose sur des archives complètes et intéressantes démontrant une trace de ce passé que nous désirons étudier. Avoir un accès facile et simple à ces archives permet à la fois aux chercheurs de travailler plus efficacement, mais également au grand public d’avoir un contact avec documents intéressants qui les concernent. Dans bien des localités, on démarre avec peu de choses, voire rien du tout, mais quelques efforts simples parviennent rapidement à constituer des bases de données et des fonds d’archives respectables.

À titre d’exemple, les Fabriques de paroisses détiennent souvent plusieurs documents qui dépassent le cadre religieux. Il n’est pas rare de retrouver dans les presbytères ou les bureaux paroissiaux de nombreux documents sur la vie associative, les loisirs municipaux ou encore sur le développement économique local. Il est également possible d’aller puiser dans les archives municipales non seulement pour les registres de procès-verbaux, mais pour des cartes ou d’autres dossiers ayant une valeur en histoire politique. Tout cela sans parler des archives personnelles des gens habitant le territoire qui sont bien souvent de réelles mines d’or. On peut y trouver de magnifiques photographies ou encore des contrats ou des actes notariés de valeur.

Évidemment, de localiser les sources d’un passé est une chose, mais de regrouper tout cela au même endroit en est une autre. À ce problème, les techniques modernes de numérisation représentent une solution efficace et qui nécessite de nos jours peu de dépenses ou d’équipement informatique. Les municipalités peuvent s’avérer bien placées pour répondre efficacement à ce besoin en rendant disponibles les ressources nécessaires à un tel travail. Contribuer à l’enrichissement du patrimoine historique de sa localité est l’un des signes d’une municipalité en santé sur le plan culturel. La MRC de D’Autray et certaines municipalités du territoire ont d’ailleurs saisi l’importance de l’enjeu et accordent déjà de l’aide financière à la recherche en histoire via des fonds ou des budgets qui font la différence. Ces deniers publics qui nourrissent des projets passionnants sont des acquis sociaux qu’il faut continuer à défendre.

Dans un deuxième temps, il faut s’intéresser au traitement donné aux archives recueillies. Comme l’on confie un travail de maçonnerie à un maçon, il est judicieux de remettre l’analyse de nos sources historiques aux historiens. Procéder ainsi permet de soumettre tout document provenant de notre passé à une évaluation de son utilité, de sa valeur et de ses limites grâce à une critique de la source. C’est pourquoi il est important de confier nos archives historiques à des chercheurs ayant la formation et l’expérience requise.

Cela ne veut pas dire que l’étude de l’histoire doit se faire uniquement dans les universités aux dépens des travaux effectués par les historiens-citoyens. Rien n’est plus loin de la vérité, car si l’historien professionnel est le plus habilité à étudier un document de façon scientifique, les contributions des citoyens et des historiens locaux demeurent fondamentales et précieuses. Ces gens connaissent « le terrain » mieux que d’autres et ont la capacité de repérer facilement des archives ou d’aiguiller les historiens sur des pistes qui nécessitent des connaissances locales échappant parfois aux chercheurs.

Dans un monde idéal, il se créerait, au fil des ans, un dialogue de coopération entre les départements d’histoire universitaires et les sociétés d’histoire locales. Un tel travail d’équipe résulterait inévitablement d’un partage de perspectives qui ne pourrait qu’être positif dans la production de recherches sur l’histoire d’autréenne et lanaudoise.

On comprend que même s’il reste beaucoup de travail à abattre, il ne suffit que de quelques efforts assez simples pour démarrer la machine. L’intérêt pour l’histoire locale est vivace et les moyens déployés pour satisfaire cette curiosité doivent être tout aussi dynamiques. Si les ressources nécessaires sont mises en place pour récolter, rassembler et numériser les archives, une bonne partie de la besogne est accomplie. Devant la masse de documents accumulés, il faudra ensuite s’assurer d’un traitement rigoureux et scientifique des sources tout en s’assurant de la participation des détenteurs de connaissances locaux. De cette façon, nous serons en mesure de donner à notre riche histoire locale le travail et la mise en valeur qu’elle mérite.

Simon Leduc, historien

 

 

 

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