Portraits d’autréens : Victor Bourgeau, prolifique architecte lavaltrois

Né le 26 septembre 1809 à Lavaltrie, Victor Bourgeau est l’un des plus prolifiques architectes québécois dans le domaine de l’architecture religieuse. En effet, on lui attribue pas loin de 200 églises dans tout le Québec, un chiffre assez impressionnant! Ayant connu des débuts modestes aux côtés de son père, maître charron (artisan spécialiste du bois et du métal), il devint rapidement menuisier et charpentier. Avant la vingtaine, on le retrouve sur les chantiers de son oncle dans la région de Lavaltrie. En 1833, au moment de son mariage, il ne sait pas encore écrire puisqu’il ne signera pas le registre. Rappelons-le, les Bourgeau étaient d’origines modestes, il est fort probable que le jeune Victor ne soit pas allé à l’école.

Il se rendra ensuite à Montréal où il fera un apprentissage à la fois en autodidacte et auprès du peintre italien Angleo Pienovi (peintre italien immigré à Montréal vers 1828). Après la rencontre entre Bourgeau et le coloré personnage, Bourgeau sait lire, écrire et dessiner des plans. La carrière du jeune homme qui deviendra alors officiellement architecte connaîtra ainsi une montée constante à partir de là. En 1851, on le retrouve comme architecte attitré du diocèse de Montréal, rien de moins. À l’époque, la profession d’architecte n’était pas encore réglementée et pour connaître le succès, il s’agissait de savoir se créer un réseau et se montrer pragmatique, comme le jeune Bourgeau.

Au cours de sa carrière, on reconnaît chez lui un artisan de grand talent, maîtrisant à merveille les proportions et se montrant d’une rigueur indéniable sur le plan technique. Même s’il a beaucoup oeuvré dans la région de Montréal, il est tout de même revenu dans Lanaudière pour y réaliser de nombreuses constructions. Parmi ces réalisations : la décoration intérieure de l’église de Sainte-Élisabeth, l’église de Lanoraie, l’église de l’Île Dupas, celle de Saint-Barthélémy et de Saint-Cuthbert, pour ne nommer que celles-là.

Sa route croisera celle du père Joseph Michaud, autre architecte lanaudois renommé qui, entre autres, terminera le travail de Bourgeau sur la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, ce dernier n’étant pas enchanté des choix architecturaux (style néo-baroque) imposés par Mgr Ignace Bourget qui lui avait commandé l’ouvrage (et qui était pourtant son protecteur).

À son décès, en 1888, La Minerve rapporte que «c’est le doyen des architectes de Montréal» qui s’éteint.

Saviez-vous que? En plus d’avoir réalisé la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, Victor Bourgeau a laissé une oeuvre très importante derrière lui et on considère que c’est le décor intérieur de la basilique Notre-Dame à Montréal, son chant du cygne, qui est l’un de ses legs les plus remarquables.

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