Histoires de familles: Les Coutu et leur ancêtre François Cottu de LaValtrie

Cet article est une gracieuseté de Guy Coutu, collaborateur invité, qui nous dresse un portrait généalogique de l'ancêtre des Coutu de D'Autray: François Coutu.  Partie 1 de 2.

François Cottu de LaValtrie (1649-1729)

Ses origines

Il arrive en Nouvelle-France vers 1680 – la date exacte n’est pas connue. C’est mon Ancêtre et l’ancêtre de tous les Coutu du Canada et probablement d’Amérique.

Sa date de naissance demeure également non éclaircie. Selon le DGFQ — le Dictionnaire Généalogique des Familles du Québec ou Dictionnaire Jetté, du nom de son auteur –, il serait né en 1649. Ce que semble confirmer son acte d’inhumation, daté du 13 mai 1729 à St-Sulpice, qui indique : ‘avons inhumé François Cottu âgé de quatre-vingts ans, natif de Corbie diocèse d’Amiens’. Ce qui le ferait naître en ou vers 1649…

D’autre part, le très sérieux PRDH de l’Université de Montréal (le Programme de recherche en démographie historique) donne comme année de naissance vers 1651 et comme lieu de naissance st-cloud, v. corbie, ev. amiens, picardie. Lieu qui est également la place de naissance de sa mère, Marguerite Patou. Corbie est une commune située à 15 km à l’est d’Amiens, en Picardie : c’est pourquoi on voit souvent accolé au nom de François le surnom de le Picard.

Nous connaissons les noms de ses parents, puisqu’ils apparaissent nommément dans son premier acte de mariage – avec Jeanne Verdon, en 1682 : François Cotu, âgé de trente et un ans et habitant de La Valterie, fils d’Antoine Cotu et de Marguerite Patou, de la paroisse de St Clou évêché d’Amiens…

 Mais tout s’arrête là! Leurs dates de naissance et de décès demeurent incertaines. Pour Marguerite, sa date de naissance varie entre 1623 et 1632 — on retrouve souvent celle du 7 décembre 1626. Elle serait décédée le 4 octobre 1674 à Orvillers Sorel, en Picardie. Quant à Antoine (1627-1699), boucher de profession, on le dit aussi né vers 1620… Leur date de mariage est tantôt 1648, tantôt 1650. Une date que l’on retrouve souvent, c’est celle du 10 mars 1650, à St-Clou de Corbie. Ce qui pourrait conforter l’année de naissance de François, l’année suivante, en 1651. Quant au PRDH, il les dit mariés avant le 31 décembre 1651.

Donc pour les deux parents il n’existe pas d’actes originaux pour valider leurs dates de naissance, de mariage ou de décès, qui de ce fait demeurent irrémédiablement approximatives. Cette absence d’actes rend également impossible d’affirmer quoi que ce soit concernant leur ascendance.

Or plusieurs généalogistes ont cherché, trouvé et bâti une ascendance noble au père de François, Antoine Cottu, du côté de sa supposée grand-mère paternelle, Jeanne de Roucy. On en retrouve facilement de nombreuses traces sur bon nombre de sites de généalogie. Il apparaît que ce sont des élucubrations plutôt farfelues…  À vrai dire, comment envisager sérieusement l’existence d’une relation reconnue, officialisée, entre Antoine Cottu, un pâtissier-boucher, et son supposé père, Jean Cottu, Seigneur de Reims, un comte bien établi… ?

Dans la vie réelle, ni Marguerite ni Antoine ne sont venus en Nouvelle-France. Il y a bien eu une Catherine Patou arrivée en Nouvelle-France en 1662, en tant que ‘Fille à marier’, mais il ne semble pas y avoir de liens de parenté avec notre Marguerite. Il faut dire que Patou n’était pas un nom de famille rare en France à l’époque.

Selon le Dictionnaire Jetté, François serait arrivé en Nouvelle-France entre 1675 et 1680. Il se serait d’abord établi à Ville-Marie (selon un article de ‘La Mémoire du Québec, 2012), ensuite dans la seigneurie de Saint-Sulpice, et finalement dans la seigneurie de Lavaltrie, comme colon censitaire de Séraphin Margane de Lavaltrie, à qui le roi venait d’accorder en 1672 une seigneurie, celle de Lavaltrie. Dès lors, son nom devient François Cottu de La Valtrie…

Comment çela ? Il n’est pourtant pas noble, ni de grande distinction. D’où lui vient donc ce surnom de De Lavaltrie (ou De La Valtrie) que l’on voit systématiquement accolé à son nom ?

Une publication consacrée à la généalogie des Coutu nous donne un aperçu de réponse. Il s’agit de  Généalogie de la famille Coutu 1680-1890, un petit opuscule de 87 pages compilé et rédigé par le Frère Joseph-Alexis Coutu (1843-1923), un clerc de Saint-Viateur. C’est pendant qu’il travaillait à l’Institution des Sourds-Muets, paroisse du Mile-End, à Montréal —  un établissement de sa Communauté csv où il a dirigé pendant trente ans les ateliers d’imprimerie et de reliure – qu’il y fit imprimer son fascicule en 1890. À noter qu’il passa 64 ans en religion dans cette communauté.

Le livre débute bel et bien avec l’histoire de François Cottu de Lavaltrie.

La longue note en bas de page est assez révélatrice. On y évoque le lien avec M. Margane de Lavaltrie, son protecteur, peut-être son parent…  Plus surprenante encore est la référence à Mgr C[yprien]. Tanguay – l’auteur du fameux Dictionnaire –, selon laquelle ses descendants [de François Cottu] peuvent porter ce nom [de Lavaltrie] sans autre autorisation

Mais quels sont donc ces liens avec ce Séraphin Margane qui sembla jouer un rôle si important dans la vie de François ? C’est ce que nous verrons dans une prochaine chronique…

Guy Coutu 

 

 

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