Un marché fermier pour les voisins

Hélène Blondin est l’une des instigatrices du projet fermier de la municipalité de Saint-Norbert. Nous lui avons demandé de raconter comment était né ce beau projet.

À l’automne 2015, j’ai fait une rencontre déterminante : Sylvie Gauthier est venue frapper à ma porte pour me convaincre de voter pour elle aux élections partielles de ma municipalité, Saint-Norbert. Même si elle habite à quelques maisons de chez moi, je ne connaissais pas Sylvie. Nous travaillons dans deux sphères d’activités parallèles : elle, l’agriculture et moi, la culture tout court.

Lors de notre conversation assez musclée sur le devenir de notre municipalité, de fil en aiguille, j’en suis arrivée à dire comment je tenais à ce que l’église de mon village reprenne vie dans un contexte autre que religieux : « On pourrait revenir à la belle époque de la Criée des âmesà l’automne où tous les habitants venaient offrir à l’encan minot de grain, mouton, chapon, chou, artisanat. L’argent amassé était redonné à Monsieur le curé pour chanter des messes aux âmes disparues. »

Sylvie n’étant pas sourde, je n’ai pas eu besoin de crier pour que le projet d’un marché public prenne forme. Depuis, à chaque été, la rencontre se fait 5 fois plutôt qu’une. Dès la fin juin, puis une fois par mois et deux fois en septembre, mes voisins artisans-producteurs et mes voisins consommateurs se rencontrent à l’église. Il n’y a pas de Criée des âmes, mais des échanges de bon voisinage, un peu de papotage et la visite de beaucoup d’étranges, comme disait ma grand-mère des gens qui venaient d’ailleurs.

Dans un village de mille âmes, un marché fermier sur le parvis de l’église ramène la bonne vieille tradition du dimanche matin où, tout crêtées, les bonnes âmes du village venaient se pavaner après la messe. Maintenant, les gens viennent goûter ce qui se fait de nouveau chez les voisins, prendre des nouvelles de tout un chacun et repartir avec qui une bouteille de vin, qui un gigot d’agneau, qui un confit de canard, qui une laitue fraîche et des fraises pour dessert. Une bonne partie de la communauté vient faire son tour, c’est un lieu qui stimule les échanges et qui fait découvrir la diversité de la production fermière du coin.

Il faut le crier sur tous les toits : Y’a un marcher fermier à Saint-Norbert ! Agneau, miel, canard, légumes et fruits, hydromel et vin, pâtisseries et pains, tout doit être vendu pour sauver l’âme du village.

Hélène Blondin

 

 

 

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